Le point sur la traduction et la révision

Le 11 septembre, à Québec, l’Association des travailleurs autonomes et micro-entreprises en services linguistiques, l’ATAMESL, a tenu un atelier pour les traducteurs et les réviseurs au Café Krieghoff qui se trouve dans la Haute Ville. C’est un quartier particulièrement vivant de Québec où se côtoient résidents et touristes.

Une quinzaine de professionnels du secteur langagier et quelques professeurs de langue seconde étaient au rendez-vous pour cette activité axée sur la traduction et la révision. Sans surprise, plusieurs des participants vivaient dans la région de la Capitale-Nationale.

De gauche à droite : Dwain Richardson, Jean-François Melançon, François Lavallée, Jude Des Chênes, Mélodie Benoit-Lamarre

De gauche à droite : Dwain Richardson, Jean-François Melançon, François Lavallée, Jude Des Chênes, Mélodie Benoit-Lamarre

François Lavallée, hôte de l’événement, fondateur de Magistrad, et vice-président de formation et de qualité chez Edgar, un des cabinets de langagiers importants de la ville, a animé une discussion sur les inconvénients et les avantages des parcours de traducteur et de réviseur. Au lieu de prononcer une longue allocution sur le sujet, M. Lavallée nous a fait part de ses opinions avant d’accorder la parole aux participants. Par exemple, nous avons appris pourquoi il n’aime pas la révision unilingue, c’est-à-dire un texte écrit en une seule langue : sans référence au texte source d’une traduction, les paramètres d’un texte sont trop vagues. En outre, il est impossible de veiller à la correspondance linguistique et à la conformité d’un texte cible sans sa source.

De nombreuses questions ont été soulevées durant la soirée, tant par M. Lavallée que par les participants, par exemple :

  • Quelle est l’étendue de l’expérience requise pour qu’un professionnel soit considéré traducteur ou réviseur?
  • Les traducteurs peuvent-ils devenir des réviseurs unilingues ou bilingues?
  • Quel aspect de la révision de texte faut-il préconiser, la qualité ou la rentabilité?
  • Le tarif des réviseurs doit-il être horaire ou au mot?
  • Existe-t-il un certain rapport de fidélité allant du réviseur au traducteur, à ses clients, ou à ses lecteurs cibles?
  • Jusqu’où un réviseur peut-il améliorer un texte.

Prenant part à la discussion, M. Lavallée a dissipé quelques idées fausses, comme la croyance qu’il faut laisser un texte tel quel. Même si nous jugeons le texte « bon », il importe de le travailler au maximum avant de le remettre au client. Tous les types d’interventions sont justifiables, surtout quand un texte est répétitif ou redondant. Le principe derrière cet exercice est de créer une relation d’entraide formatrice entre traducteur et réviseur.

Un autre propos de M. Lavallée dans la discussion concernait justement l’importance de l’esprit d’équipe entre le traducteur et le réviseur. Les deux parties doivent savoir qu’elles travaillent ensemble et s’ouvrir à la discussion plutôt que de se concurrencer et de donner à l’un ou l’autre le dernier mot. Les traducteurs et les réviseurs peuvent faire des suggestions, modifier des textes et trouver des solutions aux problèmes de traduction.

Au fil de la discussion, tous les participants se sont entendus sur les points suivants : il faut utiliser d’un tarif horaire pour la révision, favoriser la qualité plutôt que la rentabilité, sensibiliser les traducteurs sur la subjectivité de leur travail, et éviter les répétitions et les banalités. Bien sûr, nous partagions tous l’avis que notre profession est agréable grâce à notre intérêt pour la langue, ses subtilités et ses connotations. Nous avons couvert divers autres sujets durant la conversation, comme la révision littéraire, la révision sur papier, le suivi de modifications dans les traitements de texte et le principe de bien écrire pour bien traduire.

Un des problèmes majeurs qui a été souligné pendant la discussion est celui des traducteurs qui doivent gérer des délais serrés et qui se demandent s’ils disposent de suffisamment de temps pour réviser leurs textes après traduction. Nous avons identifié quelques solutions possibles, comme s’assurer de disposer d’assez de temps pour séparer les tâches de traduction et de révision; envoyer un premier jet à la révision; échanger les textes à réviser avec un collègue qui travaille sur le même projet, lorsque c’est possible; envoyer plusieurs premiers jets d’un coup en cas de délais extrêmement difficiles à respecter, ou mettre un texte de côté pour plusieurs heures ou quelques jours, pour y jeter un regard neuf ensuite.

La discussion s’est conclue sur une question : qu’est-ce qui rend les réviseurs compétents? Personne n’a cerné de règle définitive, mais nous sommes portés à croire que l’environnement de travail peut encourager les bonnes pratiques de révision, surtout quand les traducteurs et réviseurs débutants travaillent avec des professionnels d’expérience.

Somme toute, la soirée s’est déroulée dans une ambiance décontractée, agréable et informative. À la fin de notre rencontre, nous sommes repartis avec de nouvelles approches de la traduction et de la révision, ainsi qu’avec des manières de veiller à une communication dans nos projets d’équipe. Le voyage à Québec en a certainement valu le coup! À refaire.

Ce texte a été traduit d’après Jean-François Melançon, coordonnateur-traducteur d’Albatross Translation, une agence située dans la région de Québec. M. Melançon est aussi un des coordonnateurs de la Communauté langagière des étudiants et des professionnels, un groupe qui vise à offrir aux étudiants et professionnels la possibilité de découvrir des possibilités de réseautage et d’employabilité. Il a été créé sur le réseau social Facebook.

Pour lire le texte original, cliquez ici.



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